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C'est en 1998 à Boulogne-Billancourt, que des habitants, bouleversés par l'isolement et la mise au ban des personnes en situation de prostitution dans le Bois de Boulogne, décident d'aller à leur rencontre régulièrement pour leur témoigner simplement respect et intérêt. Touchés par l'accueil chaleureux qu'ils reçoivent en retour, et par les liens d'humanité et d'amitié qui se nouent au fil du temps, ils créent la première association Magdalena, pour donner un cadre pérenne à ces "tournées du coeur".
Aujourd’hui, les tournées du cœur se déploient du Bois de Boulogne au quartier Gerland à Lyon, en passant par les rues Curiol et Senac à Marseille, ou encore à Toulouse, Grenoble, Orléans -, en centre-ville ou en périphérie.
Pour rencontrer ces personnes qui ne viennent pas d’elles-mêmes solliciter les associations, les institutions, l’Eglise, par méconnaissance ou parce qu’elles ne se sentent pas légitimes ou bienvenues, les bénévoles Magdalena se retrouvent une ou plusieurs fois par semaine selon les antennes, pour tourner une bonne partie de la nuit, à pied ou plus souvent à bord d'un camping-car siglé aux couleurs de Magdalena, dans les quartiers de prostitution. Ce véhicule, connu et reconnu, est le lieu repère de Magdalena, identifié aux valeurs de l’association et qui promet une rencontre amicale, sans jugement ni à priori. C’est aussi un lieu refuge, aménagé chaleureusement, qui permet d’accueillir les personnes à l’abri des intempéries et des regards, pour partager un moment convivial, propice aux confidences éventuelles.
Solenciel, association de réinsertion par le travail, partenaire privilégié de Magdalena ; la Maison Magdalena, pour une mise à l'abri, loin de l'emprise des réseaux ; Aux Captifs la Libération ; etc.
Le besoin pour ces victimes de renouer avec des liens sociaux, de se sentir regardées et considérées comme des personnes, est notre conviction
Si cette activité de tournées de rue peut apparaître très ordinaire dans le paysage de la solidarité, et commune à de nombreux acteurs associatifs, les personnes en situation de prostitution provoquent souvent gêne et crainte, et les associations de bénévoles sont peu présentes auprès d’elles.
Alors que la paupérisation de la prostitution de rue (clients pauvres, tarifs très bas, pression des proxénètes), est la réalité de la grande misère sociale et des violences subies par les personnes que nous rencontrons, qui sont parmi les plus pauvres et les plus exclues de la société :
- violence intrinsèque à la prostitution en premier lieu, qui est une atteinte à l'intégrité de leur corps et à la dignité de la personne. La loi de 2016 qui pénalise les clients est bien là pour réaffirmer ce message : le corps humain ne peut pas s’acheter, quand bien même on vous le vend;
- violences physiques endurées tout au long de leur vie avec des viols qui ont contribué souvent très tôt à casser l’estime de soi et ont amené à cette situation de prostitution ;
- violence sociale, la plus douloureuse parfois, liée à la stigmatisation et à l'isolement dans lesquels cette situation enferme les personnes, sans relation en dehors du milieu de la prostitution.